Ose le voyage

Ose le voyage. Qu’as-tu à craindre ? Ose le voyage créatif.
Ce qui suit est à lire l’esprit ouvert, le cœur à l’écoute, les sens au bord des courants descendants et ascendants.

***

Quand j’écris dans le noir, les ombres se nacrent d’espoir.

Aux braises d’argent soulevant mes pas
Je pénètre dans un bois obscur
Aux éclats émeraude.
Brûlant mes doigts
J’avance, courant,
Le cœur tremblant d’arriver trop tard
Pour raviver la luminance.

J’ai peur. Non pas de la lente divulgation mise à nu du moi. Non de connaître ce qui meut la création, le moi.
J’ignore en vérité ce qui semble m’effrayer et me tirer par la manche dès que j’approche de cette sensation, ce toucher de l’âme, ce toucher de l’intime soi, créateur, vital, de mon être profond.

Je n’ai pas peur de me dévoiler, ce n’est pas tout à fait cela. Sinon, je n’aurais pas accepté le « contrat », dans ma prime enfance, celui-là, oui, celui qui dit « tu n’as pas d’autre choix que d’être toi-même », jusqu’à en crever de joie, jusqu’à en jouir de peine, jusqu’à te briser en éclats de lumière dans le ciel des mondes, dans le non-vide des univers, dans les millénaires, les boues stellaires, les cascades viscérales des âmes errantes.

Ne t’éloigne pas si vite, visiteur ! Ne t’effraie pas. Va, je ne te ferai aucun mal ! Sauf peut-être celui de te faire éprouver, une bouffée, ou davantage si tu l’oses, de l’infinité des possibles, de l’ouvre-cœur et de l’illumine-entrailles. Ou bien était-ce l’ouvre-entrailles et l’illumine-cœur ? Je ne sais plus, car après tout, les deux se rejoignent.

Si tu oses le voyage, l’ami, tu ne seras point seul. Nous serons tous/toutes avec toi, nous t’accompagnerons jusqu’au bout, jusqu’au-delà de l’infini, plus loin même que n’as l’habitude de te rendre bien que tu connaisses le chemin. Allons, viens !

— … Alors, peut-être n’ai-je pas vraiment peur.
— Alors pourquoi pleures-tu ? Pourquoi la simple évocation de ceci te met-elle en émoi ?
— Je crois… non, je suis. Voilà.
— Tu es ?
— Je suis.
— Ce qui signifie ? Te met en émoi ?
— Oui. « Je suis » me met en émoi.
— Étrange. Ne « sommes-nous » pas, tous ? Chacun ?
— Évidemment… Ou plutôt, non. Pas tous. C’est même rare.
— Comment oses-tu dire que « nous sommes » est rare ? Quelle présomption ! Qu’« es-tu » que nous ne sommes pas ?
— Je ne parle pas pour vous. J’ignore en partie qui vous êtes. Néanmoins, je suis, je suis vraiment ! S’approcher de « je suis » est rare. Et pour tout avouer, j’en suis encore loin.
— En voilà de belles, encore. Encore loin d’être ?
— Encore loin de mon « je suis ». Je l’effleure à peine.
— Te voilà bien. Vois comme cela te met en émoi. Et tu veux le toucher davantage ? T’émouvoir encore ?
— Évidemment.
— Dans quel état seras-tu ?
— Qu’importe ? Je serai !
— Ah, non ! Tu as dit je suis, alors tu es déjà, non ?
— En effet. Je l’ai dit. (Réfléchit. D’un ton de défi 🙂 Mais je le serai encore davantage.
— Pourquoi tout ceci ? Pour quoi faire ?
— Pardi, pour être, pour vivre !
— Et les autres ?
— Les autres ? Ils peuvent faire leur voyage, eux aussi, bien entendu. As-tu entendu ? Seras-tu ? Qui es-tu ?

Aparté :
— D’où vient cette émotion, finalement ?
— Peut-être… Peut-être est-ce parce que je viens de m’autoriser à aller plus profondément.
— Ah ? N’était-ce pas déjà le cas ?
— Plus ou moins. Ce n’est jamais très évident, ces choses-là, l’inconscient, le conscient…
— Il paraît.
— Qui ?
— L’inconscient. Le conscient.
— Cela fait deux, ça, non ?
— Pas exactement. C’est un peu comme un ruban de Möbius. Il s’agit d’un/une.
— Donc il paraît…
— Il est toujours là, plus ou moins apparent, parfois il ne fait que paraître, mais ce n’est pas le cas ici, et c’est tant mieux.
— Pourquoi cela ?
— Parce que quand il paraît, c’est toujours tellement plus compliqué !
— Cela me fait au moins un parent en moins. Je n’ai pas le goût pour l’apparat. Je préfère l’être.
— Soit. Alors, sois ! Mais tu es prévenu(e) : ce n’est pas un parent facile.
— D’être soi ?
— Oui.
— Pourquoi ?
— Parce que tu deviens trans-parent.
— Ce n’est pas grave. Il suffira d’être et de garder quelques étoiles entre nous, comme ça, pour en faire un parafoule. Dehors, la plupart ne voient pas les êtres transparents, ça créé des arcs-en-être.

Apprivoiser sa propre créativité.Ose le voyage créatif par Maïm Garnier, art poétique. #ecriture #poesie #ecriture #creativite

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