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Soulever un bord du voile…

Soulever un bord du voile…

Taggée ! Eh bien… Juste quelques questions, oui, bien sûr, si facile en apparence. Je me souviens de la première fois, l’émotion et le souci de ne pas être à la hauteur, se dévoiler sans trop en dire, rester soi. C’est un vrai plaisir lorsque quelqu’un que vous respectez et appréciez vous envoie ce petit défi amical : Merci William Lourdelle alias @Aphone2 sur Twitter, je me prête au jeu avec le sourire !

S’il y avait une maison d’édition à choisir, ce serait laquelle et pourquoi ?

Ah ça commence fort ! Une seule ? Sans avoir rencontré les personnes qui la font vivre et travaillent jour après jour à sa richesse ? Mince ! Je vais prendre le temps avant de répondre…

Le choix est rude. Je vous vois venir. Elle est gentille, cordiale, empathique, très conciliante : elle va répondre bien sagement… eh bien non ! Je vais en choisir deux. Entendons-nous bien, c’est un choix théorique, il ne borne pas les soumissions que je compte faire.

Deux maisons se disputent donc, comme les Montaigu et les Capulet, mais sans histoire d’amour pour les départager. Ce sont les maisons d’éditions Le Bélial et Mnémos. D’autres me sont aussi chères, mais il faut bien choisir, et je m’en vais vous l’expliquer très bientôt. Enfin, je ne peux pas ne pas parler de mon coup de cœur pour une toute jeune maison d’édition : Les Editions du Non-A. Je ne l’ai pas retenue dans ce “choix” pour les raisons que vous allez deviner.

Les deux maisons “sélectionnées”bénéficient de plusieurs traits en commun. Si la première avoue clairement sa préférence pour la science-fiction (mon domaine de prédilection, pour ceux qui ne me connaissent pas), la seconde n’est pas en reste. L’une comme l’autre permettent aussi bien les ouvrages papier que numérique, et je trouve que c’est une richesse que de ne faire l’impasse sur aucun des deux, de laisser le choix au lecteur. Pour ce qui les différencie, lisez plutôt :

Le Bélial édite et réédite : anciens auteurs et nouveaux la qualité comme seul vecteur, que demander de mieux ? Pas de complainte ou d’éternelle “querelle des anciens et des nouveaux”, c’est pour me plaire. A leur honneur également, leurs ouvrages numériques sont sans DRM (j’en connais qui applaudissent des deux mains – à moins qu’ils ne soient doués d’appendices supplémentaires capables de multiplier le son produit sans recourir à des procédés indignes ou peu recommandables ). Qui plus est, ils promettent de donner réponse, même négative, aux auteurs qui leur soumettent leur ouvrage, et ce malgré tous les manuscrits qu’ils reçoivent, ce qui n’est pas si souvent le cas (j’en devine qui hochent la tête et soupirent amèrement, sur ces mots). le Bélial est situé en Île-de-France, pour info, au cas où vous ne le saviez pas.

Mnémos est riche d’une belle et longue expérience en matière d’édition des mondes de l’imaginaire ( la maison est spécialisée dans la fantasy, science-fiction, et l’uchronie ), de nombreux auteurs dont Ursula Le Guin – un ami cher à mon cœur hoche ici vigoureusement la tête en souriant, il se reconnaitra – et bien d’autres. 2016 fête les 20 ans de Mnémos ! Ils sont membre fondateurs du collectif les Indés de l’Imaginaire. Cette maison porte une attention particulière à mettre en avant les auteurs francophones, face à l’assaut des auteurs plus traditionnellement anglophones de ces genres. Ils sont également soucieux de faire découvrir de nouveaux talents. Un autre point en leur faveur, ils éditent même en livre de poche. Enfin, ils proposent une expérience encore peu répandue et qui ne devrait pas passer inaperçue et a beaucoup d’avenir à mon avis, le web-livre. Cette maison est située dans le pays du Beaujolais, ce qui signifie, pour les malheureux soit peu doués en géographie soit peu portés sur le vin de nos terroirs, ou peut-être encore les deux – Bon, elle va nous la donner, cette réponse ? Mais je vous en prie, pour une fois que vous ne sautez pas sur l’occasion pour aller vérifier dans google ou bing… Ah ? Trop tard, pour certains ? Mince. Bande de…d’impatients ! – que Mnémos est dans la région Lyonnaise.

Place une feuille blanche devant tes yeux, qu’est-ce que tu vois ?

Facile ! Je vois ce que l’imagination, la réflexion et l’empathie qui m’animent nuit et jour me permettent de créer : des mondes présents, et futurs, des potentialités, innombrables, et des plus farfelus mais non moins intéressants. Je vois hélas les dégâts provoqués jour après jour, siècle après siècle, par l’incompréhension des Humains dans leur peur de manquer, manquer de quoi, je vous le demande : “l’essentiel est invisible pour les yeux”,  comme écrivait Saint-Exupéry dans le Petit Prince, il ne peut être vu que par le cœur et l’esprit réunis. Je vois aussi la beauté du monde, à travers le temps et l’espace, des plus petites aux plus infinies ; je vois la vie par-dessus tout, la vie et l’amour. Car ce sont les seuls qui nous permettent de vivre réellement, de créer, d’agir pour transmettre à ceux qui comptent pour nous… un monde et une vie qui leur fasse le moins mal possible et dans lequel ils puissent s’épanouir.

Lequel de tes défauts pourrait devenir une qualité, comment ?

Sans hésiter, le perfectionnisme. Je travaille déjà -j’y travaille, je n’ai pas dit que c’était parfaitement au point- à n’en tirer que les bons aspects, à ne pas se laisser envahir par cette envie d’absolu. Faire de son mieux est essentiel. Pour autant, il faut savoir lâcher la pression et accepter de n’être après tout qu’une simple humaine, faillible par là-même et se souvenir que de l’expérience vient aussi notre capacité à nous améliorer. L’écriture, par bien des aspects est une belle leçon de vie à ce propos. Accepter d’avancer, étape par étape, scène par scène, paragraphe après paragraphe. Et de reprendre encore et encore, une fois le tout écrit, retravailler chaque parcelle de vie de son roman, chaque doute immiscé, chaque question posée, chaque personnage dans sa propre histoire, pour fictive qu’elle soit, verser un peu de l’universalité et de l’émotion de chaque être humain dans quelques pages, avec humilité et amour.

S’il y avait un roman auquel tu devais changer la fin, ce serait lequel ?

Aucun. Une fin n’est pas faite pour satisfaire le lecteur : elle est faite pour se poser des questions. Tant que cette mission-là est accomplie, peu importe qu’on ait envie de massacrer le Héros/l’Héroïne parce qu’il/elle a renoncé à ses idéaux ou ranimer un personnage qui nous tenait à cœur ou encore mettre le Vilain dans le premier précipice venu ou sous les barreaux parce qu’il reflète ce qui nous fait le plus peur au monde… Peu importe si le roman et sa fin nous posent questions encore des jours après cette lecture.

La dernière musique que tu aies écoutée en écrivant ?

Ça tombe bien : j’ai partagé ce matin-même à ce propos ! 🙂 Ma playlist était alors “Bad side” : d’Erik Satie, en passant par Carmina Burana, Muse, jusqu’à The Prodigy, pour cette liste-ci. J’écris presque toujours avec des playlists ou des musiques qui me semblent correspondre à la scène en cours. Je me suis donc créé petit à petit une quinzaine de playlists d’écriture, que j’enrichis de temps à autres.

Demain, on t’apprend que tu ne peux plus écrire. Quel est le premier mot qui sort de ta bouche ?

Merde ! (Pourtant, pour ceux qui me connaissent bien… je ne dis presque jamais de gros mots ! Mais là…) Ça aurait aussi bien pu être Non !

Choisis deux couleurs. Mélange-les. Tu en penses quoi ?

C’est beau ! J’hésite entre aller me promener et en faire une illustration, mais je vais peut-être aussi bien la transcrire en jouant un air au piano, ou finalement en l’écrivant, parce que c’est ce qui m’est le plus essentiel, après l’amour de la vie… Encore que. J’hésite.

Imagine que l’homme n’ait pas inventé le feu. Où en serions-nous ?

Il aurait inventé autre chose. L’Humain ne peut pas faire autrement. C’est sa réponse à la vie : il s’adapte. Toujours. C’est son instinct de survie. Et tant que cet instinct-là existe, nous trouverons des solutions pour ne pas tout gâcher définitivement.

Quelle est la dernière série que tu aies regardée ? Tu en as pensé quoi ?

Fringe. J’adore, tout simplement. Cette série n’est pas parfaite (la perfection n’existe pas, je l’ai déjà dit ? Ah oui, c’est vrai), mais elle recèle ce que j’aime : science-fiction, empathie, humour, originalité, suspense…

Tu te réveilles enfermée dans une tombe, six pieds sous terre. Quelle est ta première réflexion ?

Bon, surtout ne pas paniquer. Il faut sortir. Je panique ! Mais non : tiens bon, tu peux y arriver. – Oui, dans ces moments-là, il y a de grandes chances qu’un conflit interne permette tout de même à l’adrénaline de me botter les fesses pour quitter ce cauchemar ! Mourir étouffée n’est pas dans mes projets, sans façon ! 🙂

Quelle est ta plus grande peur ?

Ne plus avoir l’étincelle. Ne plus être capable d’apprécier la vie, de sourire, d’aimer, de créer. Assurément la pire chose qui soit ; devenir un être qui ne fait qu’attendre que le temps passe, sans espoir, sans envie. Non merci. Ce ne serait plus moi ! 🙂

Le voile va retomber pour un temps, maintenant… à votre tour !

@oliviersaraja @NeilJomunsi @s_arnier @AlexandreJarry @keyontrilogie1 @Cecile_Duquenne @nimentrix @LoganBarbery @Vincent_tibeon @aude_reco @EloyNatacha

De quoi as-tu le plus besoin lorsque tu t’immerge dans l’écriture ?

Quelle est le plus grand fou rire que tu aies eu en écrivant ?

Comment décrirais-tu l’inspiration, la Muse ?

Comment choisis-tu les noms et les prénoms de tes personnages ?

Quels sont les qualités d’un roman inoubliable, selon toi ?

Quelles différences as-tu remarqué dans ton écriture lorsque tu écris au clavier et au stylo ?

Qu’as-tu le plus de difficulté à imaginer, lorsque tu as besoin de comprendre tes personnages ?

Quelle est la première action que tu fais le jour où tu termines d’écrire un roman ?

Quelle adaptation de roman au cinéma t’a laissé le plus beau souvenir ? Pourquoi ?

Quelle est la seule raison qui pourrait te faire renoncer provisoirement ou définitivement à terminer un roman – à part ton propre décès, bien entendu  – ?

Qu’est-ce qui te motive le plus pour agir lorsque les difficultés s’amoncellent ?

Je vous souhaite bon courage. A bientôt, pour lire vos réponses !

Et n’hésitez pas à mettre votre grain de sel !

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About The Author

Maïm GARNIER

Vulgarisatrice des sciences et technologies, Journalisme scientifique, Community Manager, SenseMaker, écrivain (romans du futur, anticipation, science-fiction, fantastique).
Mon challenge : susciter votre curiosité et garder votre regard grand ouvert.

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  1. Tagguée par | Lena Walker - […] J’ai été tagguée par maimg. D’ailleurs voici son article: https://sansibleblog.wordpress.com/2016/02/22/soulever-un-bord-du-voile/ […]
  2. Soulever un bord du voile… – sansible - […] Mon site a déménagé. Vous pouvez désormais lire mes articles en intégralité sur Sansible.fr […]

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