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Bateau du futur : un transport plus écologique

par | Sep 27, 2017 | Technologies | 0 commentaires

Nos grandes Cités, pour la plupart, sont construites à un nœud maritime ou fluvial : elles ont été conçues là pour une bonne raison à l’époque, et peut-être encore aujourd’hui. Même si les transports terrestres et aériens sont prépondérants, l’eau n’a pas dit son dernier mot. A quoi ressembleront les bateaux du futur ?

SCIENCE-FICTION, FANTASMES ET RÉALITÉ – ÉPISODE 3

Dans l’article précédent, nous avons évoqué les innovations des transports terrestres, aujourd’hui nous allons nous pencher sur les voyages sur l’eau. Des fleuves et canaux jusqu’aux mers et océans, partons voguer sur des navires et embarcations en projets, comme les bateaux volants, les bateaux nettoyeurs ou les cités flottantes mobiles. Larguez les amarres, la traversée sera fascinante !

Bateaux volants, des hydroptères revisités

Vous avez certainement entendu parler du Sea Bubble, ce taxi-bateau électrique “volant” sur l’eau grâce à ses hydrofoils, conçu par Alain Thébault, navigateur et co-créateur avec Eric Tabarly de l’Hydroptère, voilier le plus rapide de la planète. Il n’est pas encore en circulation sur la Seine à Paris, mais les premiers tests ont eu lieu en juin dernier. Alain Thébaut veut “faire voler tout le monde sans polluer”, sans déranger les oiseaux. Il propose de désengorger les routes des bords du fleuve de la capitale mais également de chaque ville du monde dotée de voies navigables.

Quadrofoil, le jet-ski électrique éco-friendly, est également un hydroptère. Il peut se déplacer aussi bien sur fleuve, que sur bord de mer, jusqu’à 40 km/h. Comme son homologue le Sea Bubble, il est conçu pour “ne pas faire de vague”. La silhouette de cet engin slovène aérodynamique évoque quelque peu l’araignée d’eau de par sa position surélevée comme sur des pattes d’insecte.

Des catamarans hors du commun

Le Tetraedron, vaisseau pyramidal inspiré de Star Wars ou de StarGate ?

Le Tetraedron, yacht dont le design semble tout droit sorti d’un film de science-fiction, est capable de pousser des pointes à 70 km/h. Ce vaisseau, imaginé par le designer Jonathan Schwinge, s’il est réservé aux multimilliardaires, propose des innovations intéressantes au niveau des systèmes de propulsion. Doté de trois modes de navigation, plus il accélère, plus il semble voler au-dessus de l’eau tel un avion… ou un ovni, comme perché sur son hydrofoil.

C’est typiquement le genre de projet époustouflant mais dont le coût de transport sera hors de portée de nos finances. Nous rêverons malgré tout de monter à son bord. Ce genre de technologie navale pourra certainement être réutilisée pour des projets grand public.

Tetraedron, un yacht aux allures de science fiction

Energy Observer, Projet Scientifique et Laboratoire flottant

Un autre catamaran intéressant : Energy Observer est un bateau de course  recyclé en laboratoire flottant sur les océans. L’objectif est de construire avec le soutien de différents scientifiques, ingénieurs, architectes maritimes, entrepreneurs, une série de tests grandeur nature pour inspirer pouvoirs publics et entreprises. Le navire partira bientôt pour 6 ans autour du monde dans une Odyssée reliant 50 pays avec 101 escales. Le projet est marrainé par Florence Lambert, Directrice du CEA-Liten et parrainé par Nicolas Hulot, Président de la Fondation pour la Nature et l’Homme.

Ce bateau utilise une technologie mixte et innovante capable de produire sa propre énergie. A partir de l’électrolyse d’eau de mer, Energy Observer peut produire de l’hydrogène sans causer de pollution. Pouvoir produire une énergie propre à partir de l’élément chimique le plus répandu de l’univers, est un enjeu très intéressant pour l’avenir.

L’énergie vit aujourd’hui une véritable révolution en intégrant de plus en plus d’énergie renouvelable avec des vecteurs différents : électricité, hydrogène, chaleur. Il y a de vrais challenges techniques pour connecter ces flux et c’est encore plus ambitieux à l’échelle d’un bateau. Ainsi, Energy Observer est une préfiguration de ce que seront les réseaux énergétiques sur terre demain.

Florence Lambert

Directrice , CEA-Liten

Energy Observer, bateau scientifique

La Manta, bateau écologique nettoyeur des mers

Ce bateau à l’allure de raie manta, écume les mers de… nos déchets : il les aspire. Imaginé par Yvan Bourgnon, le projet La Manta ouvre une voie un peu plus optimiste pour la santé de nos océans, qui contiendront bientôt plus de déchets plastiques (non biodégradables) que de poissons. Nul ne dit s’il s’est inspiré des barges fluviales tirées par des raies manta par des évoquées par l’écrivain Dan Simmons dans le cycle d’Hypérion. Un cycle où l’eau est très présente, sous de multiples formes, en tant que symbole autant que comme espace de voyage en plus d’être un milieu naturel.

Son financement participatif a été un succés, et les plans de la seconde phase sont attendus pour bientôt.

Après une campagne de crowdfunding ayant convaincu plus de 2000 co-financeurs sur KissKissBankBank, l’aventure prend le large : en 2018, un prototype de la Manta à l’échelle 1/10 doit prendre la mer pour tester le dispositif.

Physalia, bateau-jardin nettoyeur des fleuves

Physalia est un projet de bateau-jardin amphibien destiné à purifier les voies navigables. L’architecte Vincent Callebaut l’a conçu pour que nous retrouvions la valeur de l’eau comme bien commun planétaire. Il y inclut quatre jardins thématiques, les éléments eau, terre, feu, air, des espaces où la poésie de la nature reprend ses droits. Vincent Callebaut prouve par ses nombreux projets qu’il ne se contente pas de produire des objets ou des bâtiments, il leur redonne du sens.

Physalis, le bateau-jardin nettoyeur des fleuves et canaux de Vincent Callebaut

L’Homme est au centre de ce projet bionique qui prône l’équilibre entre les actions humaines et le respect de l’environnement. L’architecture de ce lieu nomade, puissant concentré de nature, de biotechnologies et de technologies de l’information et de la communication est donc le simple reflet du citoyen contemporain qui s’interroge sur les actions à mener sur son environnement. C’est un projet d’avant-garde audacieux qui vise à métisser les peuples autour de la notion de respect de l’eau, de partage en mouvement et d’équilibre dynamique.

Vincent Callebaut

Architecte

Les villes marines mobiles

Sea Orbiter, Station internationale océanique imaginée par Jacques Rougerie et Lilypad, Cité flottante mobile, font figure de fantasmes élégants et écoconcepts droit sortis de romans de science-fiction, pourtant, des équipes internationales de scientifiques et techniciens travaillent actuellement sur ces projets.

Sea Orbiter le projet scientifique de recherche internationale par Jacques Rougerie

Sea Orbiter, bateau laboratoire

Projet de Jacques Rougerie, Sea Orbiter est avant tout le travail de coopération d’équipes de scientifiques du monde entier. Il s’agit d’un véritable laboratoire mobile international pour la recherche dédiée aux fonds sous-marins et aux abysses. Il est soutenu par de nombreux organismes internationaux, dont les Nations Unies, Ifremer, l’ESA, et parmi ses ambassadeurs figurent notamment Jean-Michel Cousteau, fils aîné de Jean-Jacques Cousteau, les astronautes Jean-François Clervoy. et Jean-Loup Chrétien, ainsi que Sylvia Earle, océanographe et directrice de la NOAA (Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique).

Les océans nous nourrissent, fournissent connaissance et innovations, et pourtant il reste de nombreuses inconnues dans les milieux marins. C’est donc une zone d’exploration aussi importante pour nous et les générations futures que l’exploration spatiale.

Jacques Rougerie parle de Sea Orbiter dans une interview chez Ulyces.

Lilypad, une ville en mouvement à la Jules Verne

Une cité flottante mobile, ce n’est plus de la science-fiction ! Le projet est tout ce qu’il y a de sérieux : l’architecte Vincent Callebaut a conçu cette écopolis flottante dans l’esprit d’accueillir les réfugiés climatiques dans de bonnes conditions. Le prototype se veut autosuffisant autant qu’écologique : mi aquatique, mi terrien, il comprend trois zones, une de jardins, une de travail et une d’habitation et de loisirs. La structure est largement inspirée d’un nénuphar asiatique.

Lilypad annonce “un bilan énergétique positif à émission de carbone zéro par l’intégration de toutes les énergies renouvelables”. On ressent l’influence de l’imaginaire de Jules Verne dans les créations de Vincent Callebaut. L’architecte visionnaire affiche une volonté de symbiose avec la nature et défend la multiculturalité. Ce projet, et chacun de ses concepts architecturaux est accompagné d’un texte de présentation intéressant à lire.

Lilypad de Vincent Callebaut, une cité flottante mobile

Cargots autonomes et Vindskip, une autre voie pour le fret maritime ?

Le fret est essentiellement maritime : 90 % du transport de marchandises est effectué par bateaux porte-containers. Les cargos, ces géants des mers qui transportent une grande partie des importations et exportations de tous les pays pour équiper ou nourrir la population du globe, participent à la pollution et à l’acidification des fonds marins. L’organisation maritime internationale alerte que si rien n’est fait, les émission de gazs à effet de serre vont doubler voire tripler d’ici 2050. Des solutions commencent à voir le jour pour allier rentabilité et impact écologique réduit : des projets de nouveaux types de bateaux moins gourmands, moins dépendants du pétrole et plus doux pour la planète.

Comme les véhicules autonomes évoqués dans l’article précédent, des bateaux automatisés s’apprêtent à voir le jour. Les cargos, en particulier utiliseront le machine learning.

Un autre type de projet sort du lot : Vindskip.

Vindskip un cargo hybride sur les mers

Vindskip est un projet de cargo hybride utilisant vent et gaz naturel de la Compagnie norvégienne Lade AS. Le système promet de réduire les émissions de CO2 de 80 %. La voile serait-elle de retour ? Si c’est le cas, le concept de voile évolue quelque peu. En effet, le vaisseau marchand hybride utilise sa coque comme voile. Il est inspiré à la fois par l’industrie aérospatiale et par l’environnement maritime. C’est ce qui lui permet d’être si innovant et efficace.

Muadib, “bateau” de croisiere des terres inhospitalieres

Dune continue d’inspirer. La preuve avec Muadib, ce concept de véhicule étonnant, proposé par Imaginactive, un organisme à but non lucratif, et par le designer Boris Schwarzer. Muadib n’est certes pas un bateau, mais il en a un peu l’allure, et propose de voyager à la découverte de nos terres les plus inhospitalières, les plus arides de la planète à la façon d’une croisière. Il porte le nom de la petite souris du désert, célébrée dans le cycle culte de Franck Herbert puisque c’est le surnom donné au héros. Pourquoi ce nom ? Parce que cette petite créature est parfaitement adaptée à son environnement.

J’ai choisi pour clore cet article un projet à la lisière des espaces terrestres et maritimes, et quasi spatial, si l’on considère les propriétés de cet engin de transport. En effet, vous y serez lotis presque comme dans un vaisseau spatial, à l’abri des dures conditions désertiques. Vous pourrez alors observer la danse fascinante des sables ou des neiges, le chant des cieux quasi vierges de pollution nocturne, l’infinie beauté de notre planète et de l’univers.

Muadib, "bateau" de croisière et d'exploration des contrées inhospitalières de notre Terre

Retour aux sources

Les moyens de transport fluviaux et maritimes, sont en pleine mutation. Ici aussi, une réflexion sur l’après pétrole est en cours. La voile semble être une alternative intéressante et divers projets sont à l’étude.

Les bateaux du futur seront plus écologiques, en recherche d’un impact carbone faible sur notre planète. Ils seront souvent inspirés de la nature : insectes, animaux marins, il est question de biomimétisme. Ils seront plus aérodynamiques encore qu’auparavant, se libérant autant que possible des contraintes de l’eau… La mer est donc à la fois pourvoyeuse de ressources et d’inspiration.

Si la notion de vitesse est importante dans notre société, une réflexion émerge autour des transports dits “lents”. Limiter la circulation à 30 km/h dans les villes est actuellement à l’étude.
En dehors du travail, les hommes et les femmes cherchent de plus en plus à s’extraire de la course au temps, à “souffler”. Ils se tournent alors vers des transports plus “doux” comme le vélo.

A l’origine, voyager est aussi se ressourcer : découvrir de nouveaux horizons, faire de nouvelles expériences, retrouver des amis pour partager de bons moments, partir à la rencontre de l’inconnu. Alors, en attendant notre prochain périple ensemble, n’oubliez pas de prendre le temps…

Le prochain article s’élancera dans les airs pour découvrir des innovations.

Science fiction, fantasme et réalité

Cet article fait partie d’un dossier plus large, dans lequel je vous propose d’aborder quelques uns des grands thèmes chers à la science-fiction et à nos imaginations d’hier et d’aujourd’hui, à travers (principalement) 3 œuvres majeures, sinon cultes : Dune de Frank HerbertLe Monde des non A, de A. E. Van Vogt, et le cycle les Cantos d’Hypérion de Dan Simmons. Attention, si vous ne les avez pas lus, vous risquez des spoils, cependant ces articles sont également conçus pour vous donner envie de les lire, je m’efforcerai donc de ne vous dévoiler qu’une part modérée des mystères de ces romans passionnants et riches.

Depuis que l’Homme s’est mis debout, se déplacer, voyager est un enjeu, parfois pour sa survie, souvent pour faciliter son quotidien, pour le travail comme pour les loisirs. Dépasser nos limites, repousser nos frontières a toujours été un challenge. Les modes de transport sont aujourd’hui en pleine mutation. Le milliardaire et mécène Elon Musk est une figure de ce rêve visionnaire à la Jules Verne ou Léonard de Vinci. Qu’en est-il réellement des avancées et projets en cours ? Quels sont les transports de demain et ceux du futur ? De la terre à l’espace, partons pour un voyage fascinant à travers le fantasme de la téléportation et du dépassement de nos limites.

Ces articles ne sont aucunement une analyse de texte détaillée. J’ai choisi de vous faire entrer ou retourner dans des univers multiples et où les questions sur notre société et nos recherches scientifiques et technologiques sont plus que jamais à l’ordre du jour.
Vous pouvez lire également dans ce dossier :

Publication originale de Maïm Garnier, les commentaires et formulations étant apportés pour apporter clarté et lisibilité pour un public curieux mais non spécialiste.

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SOURCES

Sont cités dans cet article des références aux sources suivantes : Dune, Frank Herbert, Le Monde des non A, A. E. Van Vogt, les Cantos d’Hypérion, Dan Simmons, Sea Bubble, Alain Thébault, Eric Tabarly, Quadrofoil, Tetraedron, Jonathan Schwinge, Energy Observer, Florence Lambert, CEA-Liten, Nicolas Hulot, Yvan Bourgnon, La Manta, Vincent Callebaut, Physalia, Lilypad, Jacques Rougerie, Sea Orbiter, Nations Unies, Ifremer, ESA, Jean-Michel Cousteau, Jean-Jacques Cousteau, Jean-François Clervoy, Jean-Loup Chrétien, Sylvia Earle, NOAA (Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique), Ulyces, Jules Verne, Vindskip,  Muadib, Imaginactive, Boris Schwarzer, Science Post, Usbek et Rica.

About The Author

Maïm GARNIER

Vulgarisatrice des sciences et technologies, Journalisme scientifique, Community Manager, SenseMaker, écrivain (romans du futur, anticipation, science-fiction, fantastique).
Mon challenge : susciter votre curiosité et garder votre regard grand ouvert.

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