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Transports : de l’Hyperloop à la Smart City, en route vers le futur

par | Sep 22, 2017 | Technologies | 0 commentaires

D’où vient cette fascination de l’être humain pour l’espace (au sens dimension, mais aussi en tant que destination) et la vitesse ? Alors que depuis plus de cent ans, depuis l’époque des Lumières, on rabâche génération après génération que nous vivons à une époque où tout va plus vite, trop vite peut-être. Au-delà des objets qui nous servent à nous déplacer, un fantasme apparaît comme récurrent, celui du voyage instantané, autrement dit : la téléportation. Je vous propose de faire un tour d’horizon des innovations concrètes et grands projets en cours en termes de transports et de mobilité.

Depuis que l’Homme s’est mis debout, se déplacer, voyager est un enjeu, parfois pour sa survie, souvent pour faciliter son quotidien, pour le travail comme pour les loisirs. Dépasser nos limites, repousser nos frontières a toujours été un challenge. Les modes de transport sont aujourd’hui en pleine mutation. Le milliardaire et mécène Elon Musk est une figure de ce rêve visionnaire à la Jules Verne ou Léonard de Vinci. Qu’en est-il réellement des avancées et projets en cours ? Quels sont les transports de demain et ceux du futur ? De la terre à l’espace, partons pour un voyage fascinant à travers le fantasme de la téléportation et du dépassement de nos limites.

Science-Fiction, Fantasmes et Réalité – épisode 2

Cet article fait partie d’un dossier plus large, dans lequel je vous propose d’aborder quelques uns des grands thèmes chers à la science-fiction et à nos imaginations d’hier et d’aujourd’hui, à travers (principalement) 3 œuvres majeures, sinon cultes : Dune de Frank HerbertLe Monde des non A, de A. E. Van Vogt, et le cycle les Cantos d’Hypérion de Dan Simmons. Attention, si vous ne les avez pas lus, vous risquez des spoils, cependant ces articles sont également conçus pour vous donner envie de les lire, je m’efforcerai donc de ne vous dévoiler qu’une part modérée des mystères de ces romans passionnants et riches.

Ces articles ne sont aucunement une analyse de texte détaillée. J’ai choisi de vous faire entrer ou retourner dans des univers multiples et où les questions sur notre société et nos recherches scientifiques et technologiques sont plus que jamais à l’ordre du jour.
Vous pouvez lire également dans ce dossier :

La route intelligente : voitures autonomes et taxi drones

Passerons-nous encore notre permis de conduire en 2030 ? La question n’est pas juste marketing, même si nous voudrions du rêve, essayons de comprendre ce qu’il en est exactement.

Une question de puissance

L’intelligence artificielle, ou plus exactement le Machine Learning a commencé à envahir les nouveaux véhicules avec le stationnement automatisé. Intel, NVidia, Tesla, l’Inria et d’autres planchent sur le Machine Learning, qui rend possible ce qui était encore de la science-fiction il y a quelques années.

Pour les véhicules autonomes, la puissance de calcul nécessaire est telle qu’elle dépasse de loin celles actuellement utilisées pour un avion militaire Rafale ou une fusée spatiale de la NASA. D’ici la fin de l’année 2017, le supercalculateur Bull Sequana, de 9 puis 20 petaflops (les flops sont une unité de mesure de la vitesse d’un système informatique), va entrer en service en France pour les usages de la recherche scientifique poussée comme l’astrophysique, la médecine, les sciences de la vie ou encore l’intelligence artificielle. De son côté, Renault vient d’investir dans un simulateur pour la voiture autonome : ils peuvent utiliser à ce jour 500 teraflops, et prévoient de dépasser les petaflops dans les 2 ans.

Les petaflops, ces millions d’opérations à chaque seconde, sont bien au-delà des utilisations communes, et cette puissance de calcul est nécessaire au fonctionnement de cette nouvelle génération de véhicules. Pourquoi un tel besoin de puissance ? Tout simplement parce que les normes de sécurité imposées à ces machines sont bien plus drastiques que celles demandées à un être humain pour conduire un véhicule.

La confiance est à ce prix : il faut en effet des millions d’heures de tests et un nombre conséquent de procédures de sécurité pour que nous, utilisateurs, soyons prêts à accepter de mettre notre sécurité en jeu en confiant notre vie à un conducteur non humain.

Le changement, c’est presque maintenant…

Si les voitures autonomes ne seront pas en circulation avant 2026 d’après les estimations actuelles, les taxis robots sont prévus dès 2021 et le pilotage automatique arrivera sur autoroute en 2020 selon Bosh. Cependant, vous vous en doutez peut-être au vu des puissances de calcul requises, les véhicules seront d’abord principalement gérés en réseau. Il faudra donc attendre quelque peu pour une disponibilité de voitures autonomes individuelles grand public, si du moins c’est réalisable au niveau des infrastructures.

Mais les réseaux de taxis autonomes devraient se démocratiser : il semble que les constructeurs se préparent progressivement à la fin du véhicule propriétaire. En outre, comme vous allez le voir dans la suite de ce dossier, les transports en commun n’ont pas dit leur dernier mot et pourraient bel et bien changer les habitudes de transport.

L’ère de l’écologie arrive enfin dans nos véhicules

Les évolutions en cours et à venir des voitures (et deux roues) sont nombreuses. Ces modes de transports vont enfin commencer à devenir moins polluants et moins tributaires de “l’obsolescence programmée” : des pneus quasiment inusables, biodégradables, qui tirent parti de l’impression 3D, une matière alvéolée aux propriétés étonnantes, un bon début, n’est-ce pas ?

Transports des pneus increvables écologiques et biodégradables ?

SmartCity : Et la ville deviendra une entité connectée…

Tesla réserve ses véhicules électriques aux plus fortunés, mais Google nous fait les yeux doux avec sa Waymo, et Nissan imagine pour tout un chacun des véhicules se rechargeant par bornes wifi intégrées directement dans les trottoirs des rues citadines, ou comment transformer la ville en cité connectée ou SmartCity.

Les PRT (personal rapid transit ou transport personnel automatisé), navettes et taxis autonomes sont en plein développement chez de nombreux groupes d’innovation industrielle et constructeurs. Podcars et SkyTran (développement NASA AMES) en sont des exemples intéressants, à suivre.

Les transports du futur ? SkyTran NASA Ames

Sky Tran, les taxis du futur qui se fondent dans le paysage ?

Le développement des infrastructures et des pods du Sky Tran coûteraient 20 à 100 fois moins cher que les systèmes et infrastructures actuelles, pour un impact visuel et écologique bien plus léger également. Le système de traction Maglev (un système de lévitation basé sur le magnétisme), est présenté comme inédit, consomme peu d’énergie et ne pollue pas. Les ingénieurs de la NASA le présentent un peu mystérieusement, mais assurent que son fonctionnement va changer radicalement les transports de passagers.

Imaginez un peu : vous avez un trajet à faire, vous sélectionnez l’application pour appeler un pod à la façon d’un taxi, sauf que les espacements entre les véhicules sont gérés par le software qui s’assure d’une véritable fluidité. Vous serez transporté à votre destination sans craindre les embouteillages en passant par une série d’embranchements. L’analogie est facile avec les stands de Formule 1. Sky Tran propose de mixer des technologies de véhicules de la NASA (y compris spatiaux) pour de nombreux domaines.

Tramways aériens, périphériques urbains, hyperloop : les transports en commun mutent

Le train classique ne semble pas le transport de choix de l’avenir si l’on en croit les prospectives de la science-fiction. Tels les téléphériques dans les Cantos d’Hypérion de Dan Simmons, les innovations semblent délaisser le train au profit de modes plus rapides ou moins touchés par le phénomène d’usure, de frottements, et si possible de nuisances sonores.

Tvilingar, le métro du futur ?

Sur les plans, Tvillingar semble avoir pensé aux usagers pour les réconcilier avec un mode de transport souvent subi plutôt que choisi : une double rame en lévitation propose deux zones bien distinctes à ses passagers, une pour le piéton, une autre adaptée aux nouveaux usages mixtes du citadin (vélo, gyropode, skate électrique et autres véhicules personnels). Deux quais l’un au-dessus de l’autre, et chacun peut profiter d’un voyage plus silencieux dans ce métro jumeau guidé par des piliers magnétiques. Le designer a reçu pour son projet un prix exceptionnel (mieux que la médaille d’or!) au RVID International Train Design Award competition 2016, parmi 100 autres projets innovants.

  • Concepteur : le designer industriel indien Prathyush Devadas.
  • Réalisation : à l’état de concept pour l’instant.

Hyperloop, l’avenir du train est en marche ?

Le concept de l’Hyperloop : Les capsules (de passagers ou fret) se déplacent sur des coussins d’air le long d’une voie faite d’un tube à basse pression. En pratique, la vitesse de la capsule est limitée par celle du son, qui dépend de la pression et donc du niveau de vide du tube. Le projet initié par Elon Musk a été ouvert à la concurrence, ce qui explique pourquoi de nombreux constructeurs travaillent sur des projets similaires malgré une technologie très jeune.

Pourquoi une technologie encore pas tout à fait au point intéresse-t-elle à ce point ? Parce que les développements vous permettront de vous déplacer plus vite que des avions : imaginez relier des villes comme Paris et Nice en une quarantaine de minutes (sur un trajet Londres – Bruxelles -Paris – Nice).

Le projet qui semblait il y a quelques mois de la pure fiction se développe à tel point que 7 sont en cours dans le monde entier en partenariat avec la firme Hyperloop HTT, et d’autres s’y mettent également. Le pod de l’Hyperloop One de Tesla – Space X du chef d’entreprises Elon Musk vient de franchir la barre des 355 km/h le 30 août dernier. Le géant de la tech et du spatial prévoit d’atteindre les 500 km/h fin septembre (la moitié de la vitesse du son). L’objectif final est de pouvoir faire atteindre au pod des pointes de 1000 à 1200 km/h ! Pourra-t-il réussir son pari ?

  • Concepteur : Elon Musk.
  • Entreprises participant au projet de recherche industrielle : Hyperloop One (la SNCF fait partie des investisseurs), Hyperloop Transportation Technologies (HTT), et la société canadienne Transpod.
  • Réalisations : Les balbutiements de l’Hyperloop voient se déployer de nombreux projets : qui sait, c’est peut-être le début d’une métamorphose radicale des transports terrestres.

J’ai créé une carte pour avoir une vue d’ensemble les différents projets validés d’hyperloop dans le monde :

Cliquer sur l’image au-dessus pour voir la carte interactive des projets d’hyperloop dans le monde.

J’évoque brièvement le fret terrestre, car les transports de marchandises sont un réel encombrement des voies de circulation (au sens pratique comme esthétique), certains envisagent de mettre en place un fret souterrain pour désengorger les réseaux de circulation. A suivre.

Réflexion

Frank Herbert n’explique pas pourquoi l’intelligence artificielle a été bannie de l’univers de Dune et des autres planètes mais il y est érigé en commandement de ne pas faire “de machine à l’esprit de l’Homme semblable”, et les tâches réservées aux ordinateurs sont effectuées par des humains spécialement choisis et entraînés afin de devenir des «mentats». Ce parti pris est celui aujourd’hui clamé par Elon Musk, lecteur passionné lui aussi de Dune. Mais la peur est mauvaise conseillère, et ce n’est pas Frank Herbert qui me contredira sur ce point. Plutôt que de nous laisser diriger par nos peurs, réfléchissons en amont aux tenants et aux aboutissants de nos innovations.

Marcher est notre premier moyen de locomotion. Nous avons développé d’autres façons de voyager et de nous transporter dès que nous en avons ressenti le besoin. Dans cet article, nous avons vu comment notre désir de nous déplacer au sol toujours plus vite et plus confortablement est fantasmé par notre volonté de repousser nos limites et comment nous cherchons à améliorer nos possibilités. Cependant, la terre n’est pas le seul espace que nous avons voulu traverser.

Vous pourrez lire dans les articles suivants comment nous développons de nouveaux moyens de transports sur l’eau, dans les airs, à travers l’espace, et nous nous poserons la question de savoir où en sont nos recherches sur la “téléportation”, ce que nous entendons par ce mot et ce qu’il en est. Alors, toujours prêts à voyager ?

Publication originale de Maïm Garnier, les commentaires et formulations étant apportés pour apporter clarté et lisibilité pour un public curieux mais non spécialiste.

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SOURCES

Sont cités dans cet article des références aux sources suivantes : Dune, Frank Herbert, Le Monde des non A, A. E. Van Vogt, les Cantos d’Hypérion, Dan Simmons, Elon Musk, Jules Verne, Léonard de Vinci, Intel, NVidia, Tesla, l’Inria, Rafale, NASA, Bull Sequana, Renault, Bosh, Michelin, Tesla, Google, Waymo, Nissan, Podcar, SkyTran, NASA AMES, Tvillingar, Prathyush Devadas, Hyperloop One , SNCF, Hyperloop Transportation Technologies (HTT), Transpod, Numerama, L’Usine Digitale, Challenges, Auto BFMTV.

About The Author

Maïm GARNIER

Vulgarisatrice des sciences et technologies, Journalisme scientifique, Community Manager, SenseMaker, écrivain (romans du futur, anticipation, science-fiction, fantastique).
Mon challenge : susciter votre curiosité et garder votre regard grand ouvert.

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